Les indignés et les médias : l’histoire de fond

Source: Agorabox

1. Décidément, les médias et les journalistes, inconsciemment ou non, ont beaucoup de mal avec le mouvement des indignés.

- La première chose qui saute aux yeux c’est le peu d’intérêt qu’ils manifestent pour les mouvements populaires, que ce soit en Espagne, au Portugal en Grèce, et dans tout le reste de l’Europe, à des niveaux d’avancements beaucoup plus restreints. Ainsi le nombre d’articles produits est très faible en comparaison à d’autres sujets(DSK, Sarko, Le Pen.., 2012), et les médias sortent en général des articles après les évènements importants, de sorte à ne surtout pas faire être responsable des hypothétiques succès des protestations.

- Une deuxième chose est remarquable pratiquement dans tous les articles et reportages fait par les médias de masse sur le mouvement des “Indignés” : ils sont présentés comme un mouvement de protestation anti-crise, anti-austérité, voire anti-capitaliste. Rien n’est plus faux, si les “indignés” à titres personnels possèdent ces positions, le mouvement se veut lui principalement démocratique. Le mouvement est né d’une plate-forme citoyenne en Espagne nommée “Democracia Real Ya !”, Démocratie Réelle Maintenant.

Vous l’aurez compris, les médias en France, ainsi que dans les autres pays, essaient le plus possible de catégoriser les indignés comme de vulgaires militants d’extrême gauche, histoire de bien montrer qu’il n’y a rien de novateur dans le mouvement.
Et si les médias cachent la réelle revendication du mouvement, c’est peut-être pour une raison bien précise. Le mouvement déclare que nous ne vivons pas dans des régimes démocratiques mais dans des régimes oligarchiques. Il propose de créer une véritable démocratie, en commençant par créer de vastes mouvements populaires capables de donner le pouvoir au peuple et de délégitimer le système en place. Les médias, ce sont justement eux qui font subsister et qui ont ancré dans toute la société, avec la volonté des dirigeants (politiques et économiques), qu nous vivons en démocratie. La France, une démocratie ? Non, pourtant, grâce aux médias, couplés aux programmes de l’éducation nationale, la majorité des citoyen le pensent. Quelle stratégie efficace au possible tout trouvé là pour les oligarques : les gens pensent vivre dans un système politique juste et le plus enviable qu’il soit : le système leur semble légitime.
2. Maintenant que les choses sont mises au clair, attaquons nous à un édito qui évite les erreurs précédemment vues sur le mouvement 15M(nom espagnol), mais qui en commet d’autres.
Le journaliste se nomme Thomas Legrand, je cite :
“Les indignés qui se sont baptisés ainsi en référence au petit livre de Stéphane Hessel”
La plupart des participants à ce mouvement n’aiment pas ce terme, ce sont les médias qui l’ont employé en Espagne d’abord puis ici ensuite. L’indignation a un lien avec la passivité pour beaucoup, de plus, Stéphane Hessel est loin de faire l’unanimité notamment après ces propos envers Los Indignados.
“Contrairement aux espagnols, aux anglais ou aux italiens, l’offre politique française permet à tous ceux qui bouent de révolte, de se sentir représentés par un parti politique installé [...]“
Il suffit de jeter un rapide coup d’oeil sur Wikipédia pour s’appercevoir que les espagnols, les anglais et les italiens ont aussi une offre politique en terme de partis variée à l’extrême gauche. Ainsi il y-a des partis communistes dans chacun de ces pays et plusieurs “partis” anarchistes, (ne se participant pas aux élections).
“La subvertion a bonne presse en France”
Pourquoi Besancenot a-t-il si peu le droit à l’antenne lors des campagnes ? Pourquoi n’y a-t-il jamais de reportage sur l’anarchisme ? Pourquoi n’a-t-on jamais vu un débat sur le communisme ? Pourquoi doit-on déclarer tout rassemblement ? Pourquoi on a eu si peu d’information en rapport avec ces centaines d’indignés harcelés à Paris pendant une semaine ?
“Quand ils contestent l’organisation de la société, ils n’ont pas de vision limpide de celle qu’il faudrait instaurer à la place”
La démocratie réelle, ou plutôt démocratie directe, que désirent mettre en place la grande majorité des indignés, a été pensée et l’est toujours, depuis l’antiquité, mais ça, vous ne le dites pas, ça remettrait en cause trop de choses(ou alors vous l’ignorez). Sur internet il existe beaucoup de modèles et de documentation sur la démocratie directe.
“La cible est floue, on sait bien que le vrai pouvoir n’est ni à l’Elysée, ni à l’assemblée ni même au medef. Combattre ce pouvoir evanescent nécessite un retour des états, des autorités élues, l’action qu’il convient de mener est tout sauf révolutionnaire au sens de 1789, puisqu’il ne s’agit non pas de renverser le pouvoir, mais au contraire de rendre du pouvoir au pouvoir”
Soit vous n’êtes pas allé parlé aux indignés directement, soit vous ne rapportez que ce qu’il vous semble bon de rapporter, soit vous avez parlé a des indignés idiots.
A votre grande surprise, oui , il faut renverser le pouvoir en place, car il n’est pas démocratique, il est l’objet d’une minorité de la population, qui, même si elle est élue(encore faut-il en voir les conditions), représente une oppression et une classe différente du reste de la population. Le pouvoir sait bien qu’il n’est pas légitime, sinon ses seuls discours et la sagesse populaire rappeleraient au peuple qu’il ne doit pas lutter contre l’état actuel. Bizarrement, rien n’y fait, le pouvoir ne discute pas pour résoudre les conflits avec les dissidents(pas les syndicats tout gentils), mais envoie la police et les CRS. Le pouvoir sait pertinemment qu’il n’est pas légitime, que le système est une arnaque, et il s’en prémunise pour eviter l’effondrement de son monopole : monopole d’une minorité sur le politique ; censée être affaire de tous.
Je peux en profiter pour approfondir sur le pouvoir économique et politique. Vous dites, et beaucoup de gens le pensent aussi, que le pouvoir n’est ni à l’Assemblée ni à l’Elysée. C’est faux. Les banques et le pouvoir économique n’ont aucunes légitimités auprès de la majorité des citoyens. C’est le pouvoir politique qui est légitime (à leurs yeux). Ainsi si l’oligarchie économique passe-outre l’oligarchie politique, les gens vont se révolter puisque si ils acceptent le système, c’est bien par légitimité de l’oligarchie politique. Donc le politique a le dessus sur l’économique, car c’est sur le politique que repose la confiance des gens, et sans confiance, l’oligarchie et le système économique n’est rien. Exemple : la majorité des gens sont radicalement pour une taxation importante des très riches mais ça ne se fait pas : les gens l’acceptent car ils pensent que le système, qui ne taxe pas les plus riches, est légitime. Sans cette légitimité, les gens iraient au créneau pour taxer équitablement les très riches. Conclusion : notre système politique appelé “démocratie représentative” tend à rendre passifs les citoyens.
Les “indignés” VS les médias, une courte histoire qui va être longue !

#marchestobrussels

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