Les « Indignés » ont posé leurs tentes sur la place de Carvin hier soir

Source: La Voix du nord

Hier soir, ils sont arrivés par petits groupes, sans bruits, et ont simplement posé leurs tentes sur la grand-place de Carvin. Ce matin, ils reprendront la route, toujours à pied, vers Lille où ils retrouveront d’autres « Indignés ». L’objectif : être à Bruxelles, devant le Parlement européen, le 8 octobre pour déposer leurs cahiers pleins des doléances des populations rencontrées dans les villes qu’ils traversent.

PAR ANNA MORELLO

henin@info-artois.fr

Ceux qui ne supportent plus leurs pompes ont fini la route pieds nus, trottinant sur le macadam chaud du soleil de l’après-midi. Un air de vacances.

Sauf qu’eux, ils ont quelques milliers de bornes dans les jambes : les fans de Pékin Express n’ont qu’à bien se tenir. Espagnols, Allemands, Français, Italiens, ils ont rejoint le mouvement des « Indignés » (par ailleurs) et cette marche partie de Madrid le 26 juillet. Depuis, ils avancent vers Bruxelles, s’installant sur leur chemin quand le jour décline. Hier soir, c’est Carvin qui était sur leur chemin. Et c’est ainsi que la place carrée s’est transformée en camp improvisé. Il y avait Marie de Bayonne, infirmière qui fait un break, Javier de Madrid… Eva aussi, qui est du coin « pas très loin d’ici, mais je suis partie il y a longtemps. » Et pas mal d’autres, assis en rond, vers 20 h, l’heure de l’assemblée.

Les Carvinois eux n’étaient pas nombreux (pas prévenus), mais ils étaient là. Pas toujours séduits par le concept, mais c’est le jeu. « La plupart du temps, ça se passe bien, l’accueil est sympa » raconte Marie. « Les gens sont eux-mêmes indignés, précise Javier. Ils comprennent parfaitement la situation, la baisse des services sociaux, le chômage, les problèmes de retraites, d’école… » Pas les beatniks qu’on pourrait imaginer, même s’il y en a quelques-uns : le discours est constructif. « Et on n’appartient à aucun parti politique, on n’est ni à gauche, ni à droite, on n’est pas un syndicat, on ne perçoit pas de subventions. Nous sommes pacifistes et autogérés.

À chaque ville qu’on traverse, on s’arrête et on recueille les doléances des gens. On est en train d’en faire un livre, un cahier de doléances, et c’est ça qu’on va porter au Parlement européen le 8 octobre. » Des solutions concrètes pour de vraies souffrances quotidiennes. « Les politiques ne vivent pas dans le même monde que la plupart des gens, reprend Javier. En Espagne, un slogan dit “Ils ne nous représentent pas”. Nous faisons des propositions socio-économiques concrètes. En Espagne par exemple, depuis la crise, 50 % des jeunes sont au chômage… Il ne fallait pas sauver les banques, il fallait sauver le peuple, les petits commerçants à qui on refuse des crédits… » Un discours qui résonne d’autant plus fort dans ce secteur hyper sinistré.

Ce matin, ils replieront leurs tentes et reprendront la route. Si le débat vous tente, ils seront à Lille demain soir. •

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